de la nécessité d’agir en urgence



Un universitaire qui critique d’une façon virulente le recours au gaz de schiste en Tunisie, un opérateur économique qui s’attaque de façon frontale à la STEG et un activiste de la société civile qui pointe du doigt le non-respect des lois. Il  s’agit de prises de position annoncées par les intervenants au séminaire de l’Institut tunisien des études stratégiques (ITES) intitulé : «  Quel avenir pour le secteur de l’énergie en Tunisie ». Les problèmes ne manquent pas et interpellent à plusieurs titres. 

Holger Dix, représentant résident de  Konrad Adenauer, a affirmé lors de son intervention que Konrad Adenauer avait  réalisé un sondage  en collaboration avec Sigma Conseil. Il en ressort que 95 % des interrogés sont favorables à la révision de la stratégie nationale de l’énergie. En effet, le sujet représente une priorité aussi bien pour l’Allemagne que pour la Tunisie, lance-t-il.

Le président de l’UTICA ( section Sousse) Ali Ben Yahia a indiqué de son côté que la Tunisie importe 50 % de ses besoins d’hydrocarbures. Dans le même cadre, il a rappelé que 97 % de l’énergie en Tunisie est traditionnelle,  seulement 3 % d’énergies renouvelables.  Avec la demande qui ne cesse d’augmenter en électricité, le recours aux énergies renouvelables, propres et respectueuses de l’environnement, est une nécessité. Il n’a pas manqué de s’ indigner des coûts excessifs de l’électricité appliqués aux entreprises. Pour lui cela menace la pérennité des entreprises.

Secteur de l’énergie en Tunisie : des chiffres inquiétants

L’universitaire et mathématicien Ahmed Friâa a indiqué, lors de son intervention, que la Tunisie était pionnière dans le domaine des énergies renouvelables et ce à partir des années 80. Les décideurs aujourd’hui ont fait la rupture avec le passé et ont préféré repartir de zéro. Il a affirmé  que la volonté politique  s’impose pour faire évoluer les choses. Il a plaidé pour la rationalisation des énergies et pour l’équité énergétique.

Asma Mabrouk, maître de conférence de la Faculté des sciences de Tunis, a considéré que la Tunisie est encore en retard par rapport au sujet des énergies renouvelables. On ne parle plus de choix, désormais, on parle de nécessité, vu la situation actuelle de la balance énergétique.  En ce qui concerne le gaz de schiste et l’environnement, elle a proposé la mise en place d’une stratégie environnementale à court terme. Si tous les efforts seront déployés dans ce sens, cela couvrira dans les meilleurs conditions 20% de nos besoins énergétiques. 80% seront approvisionnés par les énergies fossiles d’içi 2050. Elle a indiqué que l’utilisation du gaz de schiste soulève deux problèmes majeurs : la quantité d’eau utilisée puisqu’on  parle de 20 mille litres d’eau pour un seul puits. Vient ensuite l’opération de fracturation  et le risque de contamination de la nappe phréatique par les produits chimiques.

Hamdi Harrocuh, directeur général de l’ANME, est revenu, entre autres, sur le contexte énergétique en Tunisie.  Il a fait le point sur la situation. Il a indiqué que les ressources énergétiques sont en déclin. Cela se manifeste par la baisse des ressources des énergies primaires de plus de 6% par an durant la période 2010-2017 pour passer de 7,8 MTEP en 2010 à 4,8 MTEP en 2017. Alors que les ressources sont en baisse les besoins ne cessent d’augmenter.

Les augmentations des besoins en énergies primaires ont évolué de plus de 2% durant la période 2010-2017 pour  passer de 8,3 MTEP en 2010 à 9,6 e 2017. Par ailleurs, le déficit énergétique ne cesse de se creuser. Il est passé de 06,MTEP en 2010 à 4,8 MTEP en 2017 multiplié presque par 6  en sept ans.

 

Source: L’Economiste Maghrébin (www.leconomistemaghrebin.com)

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