un nouveau-né africain des statistiques s’installerait en Tunisie



La Tunisie a proposé, lors du sommet des chefs des Etats membres de l’Union africaine en 2012, la création d’un institut africain des statistiques pour jouer le même rôle qu’EUROSTAT sur le continent européen et abriter son siège.

Selon Hédi Saïdi, directeur général de l’Institut National de la Statistique-Tunisie (INS), le choix par l’UA de la Tunisie pourrait être motivé par deux principaux facteurs. Le premier est que la Tunisie a proposé la création de l’institut, en raison de l’importance de la production statistique dans le développement du continent. Et le second facteur est lié à la réputation de l’INS Tunisie et son rôle majeur dans le développement de la statistique en Afrique. Ainsi que le potentiel humain et technique dont il dispose comparativement aux autres pays.

Car, l’information statistique est un élément essentiel dans la conception des politiques et des stratégies gouvernementales. Elle vise à l’amélioration des conditions de vie des citoyens africains et à la bonne gouvernance des affaires publiques.

En effet, les pays membres de l’Union africaine ont saisi l’importance de consolider le système statistique. Et ce, afin d’être capable de produire et de diffuser une information statistique de qualité, qui répond à la demande accrue des besoins spécifiques des différents segments des utilisateurs. D’ailleurs, c’est justement pour faire face à cette guerre d’information que l’institut doit jouer pleinement son rôle de locomotive. Il s’agit d’harmoniser et de structurer la production statistique africaine et de veiller à améliorer sa qualité.

L’Institut africain des statistiques cherche la fiabilité et la crédibilité

Il faut une information statistique fiable et crédible. Cet institut trouvera ainsi sa légitimité à travers et à partir des INS des différents pays. Il se base sur les activités des INS nationaux. Notamment pour ce qui est de la collecte des données sur le continent et leur harmonisation. Donc, il ne va pas produire des données, mais utiliser la production existante. Il encourage les pays à augmenter le volume des indicateurs pour toucher tous les domaines et les niveaux. Il sera le centre de la production des données sur le continent. Et il permettra le renforcement des capacités techniques des INS dans toute la chaîne de la production.

L’information statistique a ses propres règles pour être fiable et crédible. « C’est justement dans ce domaine que STATAFRIC doit investir et inciter les INS à utiliser les standards et les méthodologies internationaux ; ainsi que les méthodes de collecte et de traitement des données statistiques. Et ce,  conformément aux recommandations de la division des statistiques des NU et de l’UA, estime M. Saïdi.  Il sera par conséquent le garant de la qualité et le respect des principes fondamentaux de la statistique officielle et de la Charte africaine de la statistique signée et ratifiée par la majorité des pays africains.

L’harmonisation des statistiques en Afrique

M. Saïdi a précisé que la mission de l’Institut africain des statistiques est de :

  • Coordonner la mise en oeuvre de la Charte africaine de la statistique et la stratégie pour l’harmonisation des statistiques en Afrique (SHaSA) ;
  • Soumettre les instituts nationaux de statistique des états membres à l’harmonisation des concepts et nomenclatures et à la production des statistiques spécifiques ;
  • Collecter les statistiques auprès des instituts nationaux de statistique des états membres ;
  • Promouvoir la culture de prise de décisions basées sur les faits statistiques à tous les niveaux ;
  • Suivre et évaluer la mise en oeuvre des plans d’action sectoriels de la stratégie pour l’harmonisation des statistiques en Afrique ;

Cette entité oeuvre à élaborer des méthodologies scientifiques en vue d’harmoniser les techniques de production et de compilation des statistiques par les Etats membres, rassembler, exploiter et analyser les données statistiques, en vue d’une meilleure connaissance de la situation démographique, économique, financière et sociale de l’Afrique. Et appuyer techniquement et financièrement les Etats membres dans le cadre de l’organisation et l’exécution des recensements et des enquêtes socio-économiques.

L’organigramme n’est pas encore fixé

Last but not least, l’Institut africain des statistiques vise à assurer la diffusion des données statistiques des Etats membres de l’UA. Il cherche à renforcer les capacités institutionnelles et opérationnelles du système statistique africain et à contribuer à la mobilisation du financement en faveur du développement de la statistique en Afrique.

M. Saïdi a indiqué que l’organigramme n’est pas encore définitivement fixé. Mais il sera articulé autour de quatre ou cinq départements : – les statistiques sociales et démographiques ; -les statistiques économiques ; -l’intégration des NTIC dans le domaine statistique ; -la veille scientifique dans le secteur statistique ; -la coopération internationale,etc. Il sera géré par un DG et un DGA, ainsi que des services d’appui et de soutien.

Enfin, au risque de se répercuter sur la crédibilité de l’information statistique, l’INS Tunisie doit conserver son indépendance vis-à-vis des tensions politiques ou des tractations et des tiraillements. « C’est un institut totalement indépendant professionnellement et scientifiquement, qui exerce en toute transparence et crédibilité. Nous faisons notre travail conformément aux standards internationaux, tout en respectant les principes des NU et les bonnes pratiques », fait-il valoir. Donc, « il n y a aucune crainte quant à la crédibilité et la robustesse de la production nationale en matière statistique », conclut-il.

Source: L’Economiste Maghrébin (www.leconomistemaghrebin.com)

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