La croissance tirée par l’agriculture et les industries manufacturières



Un taux de croissance de 2,5% pour le premier trimestre 2018, nette baisse du nombre de chômeurs pendant le premier trimestre 2018 et publication prochaine d’un décret gouvernemental précisant les catégories de  projets soumis à autorisation et ceux qui n’en nécessitent pas.  Ce bilan positif a fait l’objet d’une conférence de presse, donnée à la Présidence du gouvernement, aujourd’hui 15 mai, par le  ministre du Développement, de l’Investissement et de la Coopération Internationale, Zied Laâdhari.

La conférence intervient dans une  conjoncture économique critique où tous les experts ne cessent de tirer la sonnette d’alarme. Cependant, Zied Laâdhari semble avoir plusieurs bonnes nouvelles pour les observateurs de la scène économique.

Un taux de croissance de 2,5% au premier trimestre 2018

Avec ce taux, il est question de renouer avec la croissance. Zied Laâdhari, confiant et déterminé à la fois,  s’est félicité de la qualité de la structure du taux de croissance et du fait qu’un tel taux n’a pas été enregistré depuis le deuxième trimestre de 2014. A cet égard, le ministre a précisé que le taux de croissance en question n’a pas été réalisé grâce à la consommation et les augmentations salariales mais grâce à un certain nombre de secteurs.

La structure de la croissance du premier trimestre 2018 est composée de : industries manufacturières (+2.4%), baisse de la croissance au niveau des industries non-manufacturières (-5.3%), service marchand (+3.3%), hausse de croissance de pêche et agriculture ( +11%) et une légère hausse de des services non marchands (+0.2%).

Le ministre a indiqué que le secteur pétrolier et du gaz naturel poursuit une tendance baissière (-2.4%)  par rapport au premier trimestre de 2017. La production du pétrole brute a enregistré une baisse de 45 mille barils par jour par rapport à la même période de 2017 et de plus de 70 mille barils par jour  par rapport à 2010.  Par ailleurs, la production du secteur minier a enregistré une baisse considérable de 37,9%  contre une hausse de 21,3%  enregistrée pendant le premier trimestre de 2017.

Le ministre a tenu à préciser que si le taux de croissance des industries non-manufacturières n’avait pas été calculé, le taux de croissance du premier trimestre 2018 aurait pu atteindre 3%. Dans la même perspective, le ministre est revenu sur les spécificités du taux de croissance du secteur des services marchands. S’appuyant sur les chiffres, il a indiqué que le secteur poursuit sa tendance haussière depuis le premier trimestre de 2016. Le taux de croissance du secteur depuis 2011 est de l’ordre de 2,2%, le retour du secteur de la  restauration, hôtellerie et café  suite à la hausse du nombre des nuitées, ce qui a impacté positivement le secteur du transport.

D’après les chiffres, il ressort que l’industrie agricole et agro-alimentaire  a enregistré une hausse de 16.7% suite à la hausse importante de la  production de l’huile d’olive. Les exportations de l’huile d’olive ont enregistré une hausse de 357%  générant une recette de 1015 millions de dinars.

Le secteur de  l’industrie mécanique et électrique a enregistré une hausse de 5.3%, le secteur du textile, habillement et chaussure a enregistré une hausse de 0,2% suite à l’amélioration de la demande extérieure. De même, le ministre a indiqué que l’industrie mécanique et électrique a continué  sa hausse en matière d’exportation qui a atteint, pendant les premiers 4 mois de 2018  5931,8 million de dinars soit une augmentation de 236%.

Le secteur du textile, de l’habillement et du cuir se maintient sur une tendance haussière depuis une année. Cela se manifeste  par une hausse de l’exportation  de 24.9% pendant les quatre premiers mois avec une recette de 2987,4 millions de dinars. Le ministre a affirmé que les  décisions prises lors d’un Conseil ministériel pour le secteur ont contribué à donner la confiance aux professionnels du secteur.

634,2 mille chômeurs enregistrés pendant le premier trimestre 2018

S’appuyant sur les chiffres de l’Institut national de la statistique (INS), le ministre a affirmé que le recensement de l’INS affirme que pendant le premier trimestre 2018 le nombre de chômeurs  a atteint 634,2 mille contre 639,0 mille pendant le 4ème trimestre 2017 et 625,6 mille chômeurs pendant le premier  trimestre de 2017.  Le taux de chômage enregistré au premier trimestre 2018 est de l’ordre de 15,4%  contre 15,5% enregistré pendant le quatrième trimestre de 2017 et 15,3% enregistré pendant le premier trimestre 2017.  En ce qui concerne le taux de chômage auprès des titulaires de diplômes de l’enseignement supérieur au premier trimestre 2018, il est de l’ordre de 29,3% contre 31,2% pendant la même période de 2017 et 29,9% du quatrième trimestre de 2017.

Objectif : top 50 au classement Doing Business

Zied Laâdhari a indiqué qu’un travail entre plusieurs ministères a commencé afin  que la Tunisie soit classée dans le top 50 dans le rapport Doing Business. Pour rappel, le résultat de la Tunisie, au rapport de Doing Business 2017  montre que la Tunisie est classée 88ème a reculé de 11 places par rapport à 2016.

Des mesures révolutionnaires nous dit le ministre

Le Décret gouvernemental n°2018-417  du  11 mai 2018 est un décret  révolutionnaire d’après le ministre. En effet, dans le cadre du décret qui sera publié  prochainement, uniquement huit secteurs d’activité sont soumis à des autorisations : ressources naturelles, transport maritime, aérien et terrestre,  banque, finance, assurance et marché financier, industrie dangereuse et polluante, santé, enseignement, télécommunication et certaines activités commerciales et de services.

37 activités sont désormais soumises à des cahiers des charges en remplacement de l’autorisation. Pour celles qui sont encore soumises à l’obtention d’une autorisation, l’administration est tenue de répondre dans un délai ne dépassant pas 60 jours. Au-delà de ce délai, l’absence de réponse signifie assentiment.   Pour le cas d’un investisseur ayant déposé une demande à la Banque centrale de rapatriement de devises, cette dernière est tenue d’y répondre dans un délai ne dépassant pas 90 jours.

Source: L’Economiste Maghrébin (www.leconomistemaghrebin.com)

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